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  • Pierre-Luc Bélanger

1 000 000$ : Le coût des mots


Depuis un certain temps, je mûrissais l’idée de suivre un cours en scénarisation. Cet automne, j’ai passé à l’acte. Au fil des semaines que durait le cours j’ai travaillé sur un projet de long métrage. Ma saison d’écriture c’est l’été, car j’ai de nombreuses semaines de vacances. Je peux alors m’investir complètement dans un projet j’écriture. Cependant, cet automne, en conjuguant carrière, cours et une multitude d’engagements l’énergie et la motivation n’étaient pas au rendez-vous pour terminer ce scénario. Au moment d’écrire ces lignes, j’ai le tiers du texte d’écrit. Éventuellement, je le terminerai. Durant ce cours, j’ai appris au sujet des modalités de rédaction d’un scénario, du monde de la scénarisation et à mon sujet en tant qu’auteur.


Les modalités de rédaction d’un scénario furent par bouts une source d’angoisse. Il y a une méthodologie à suivre propre au texte et mille et une consignes à propos de la mise en page. Oh, comme cette histoire de mise en page m’a enragé par bouts! Les marges sont bien particulières… heureusement, il y a des logiciels qui existent pour faciliter le tout… quoique ces logiciels viennent eux aussi avec leur lot d’idiosyncrasies (des numéros qui apparaissent n’importe où, l’impossibilité de créer une page titre ou de savoir combien de pages se trouvent dans le scénario, etc.). Une page de scénario peut facilement coûter 1 000 000$ à produire pour le cinéma. Il faut donc être précis et concis à la fois. Il faut peser les mots et effectuer des choix judicieux. En tant que romancier, je suis habitué à décrire des lieux et des personnages. Dans un scénario, ces descriptions sont réduites à leur plus simple appareil. Pour les personnages, on mise sur le tempérament au lieu du physique. Dans un roman, le narrateur dévoile tant d’informations qui permettent aux lecteurs de comprendre ce qui se déroule (problématique, angoisse, amour caché et j’en passe), tandis que dans un scénario on montre sans mots. Les monologues et les dialogues doivent donc en raconter tant. Certes, il est possible d’inclure des indications scéniques, car après tout, les cinéastes peuvent montrer des scènes dans lesquelles il n’y a pas de paroles, mais qui en disent gros. Par exemple, l’on voit une procession funéraire où des gens endeuillés épongent des larmes. La tristesse est donc palpable. Montrer sans dire est bien différent de ce à quoi je suis habitué. Au cinéma, tout tourne autour de l’argent. La production d’un long métrage est coûteuse alors l’on favorise souvent des films d’environ 90 minutes. Chacune de ces minutes a un rôle à jouer. Il y a des recettes qui précisent ce qui devrait se produire dans les dix premières minutes, à la quarante-cinquième minute, etc. C’est restrictif. Je suis persuadé que l’on s’y habitue en tant qu’auteur. Poursuivre dans ce créneau d’écriture j’aurais à me mettre à planifier davantage mes écrits. Moi qui écris de façon intuitive… je planifie peu, c’est mon processus, ça m’appartient.


Je rêve de voir l’une de mes histoires au petit ou au grand écran. Peut-être que le scénario serait signé de ma plume… peut-être pas. D’ici là, je vais continuer de vivre des expériences en tant qu’auteur, car apprendre, se développer, et se donner des défis ça fait partie de ma #viedauteur.

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